|

UNE HISTOIRE DE VIE : LE CAS DE KIONG LUCIEN

 

KIONG Lucien, malade de lèpre, âgé de 48 ans, était  polygame, originaire du village de Bingambo, département de l’Océan, dans la Région du Sud. Ses épouses l’ont abandonné, à la suite de son handicap survenu avec la lèpre, avec huit enfants et deux petits-fils.

 

‘’En 1985, J’étais gérant dans une boutique à Kribi étant marié à l’état civil. Subitement un matin, j’avais une vision brouillée avec les yeux rouges. Après les consultations dans les hôpitaux de Kribi, Douala, Yaoundé, Mfou et  Mbalmayo chez les chinois qui ont proposé de m’enlever l’œil gauche et le remplacer par celui de mouton. »

Lucien refuse de se faire enlever l’œil et se rend chez une tradi-praticienne, qui lui donne des collyres traditionnels, lesquels lui donnent des sensations de sable dans le yeux. Au bout de deux mois et demi, il rentre à Kribi en 1986, ayant recouvré progressivement la vue.

 « En 1990, j’ai constaté des ampoules aux pieds, ma grande sœur me conduisit à l’hôpital de District de Kribi, après consultation, M.  Ahanda, le Contrôleur  de lèpre de l’Océan, confirme le diagnostic de la lèpre et me met sous PCT, traitement que je ne prends pas régulièrement. Après 3 mois, les ampoules s’intensifient, éclatent en laissant des plaies peu douloureuses sans pue ».

En 1999, Lucien Kiong est admis  à la léproserie de Ngallan -Ebolowa et mis sous traitement PCT/MB. « J’avais développé les maux perforants plantaires en 1998 », rappelle-t-il. Avant de poursuivre, « j’ai fui la léproserie et suis allé chez ma grande sœur à Ebolowa où j’ai fait 8 mois avant de commencer à sentir mal au niveau de la plante du pied et les doigts ont commencé à se recourber vers la paume ».

En 2000, Lucien intègre la léproserie de Ngallan- Mbalmayo avant d’être transféré au Centre Jamôt de Yaoundé en 2001. « De 2002 à 2003 je suis évacué à l’hôpital de Mbingo par Bamenda  pour désarticulation  du pied équin varrum avec deux autres malades de lèpre, à savoir, Ndoumou Richard et  Bibana  Georgette. Aprés la supervision faite par le Responsable du Programme de Prévention des Invalidités (PPI), M. Tizi Zourmba, qui a jugé que  les soins n’ont pas satisfait ses attentes, nous a ramenés à Yaoundé où il nous a pris en charge avec un résultat satisfaisant. Mes maux perforants ont guéri et il m’a offert une paire de béquilles métalliques et 2 paires de chaussures adaptées et m’a renvoyé à Mbalmayo parce que le Centre Jamôt avait amorcé sa fermeture ».

« J’ai repris les activités pour subvenir à mes besoins élémentaires. En 2005, j’ai épousé une autre femme qui m’a fait 6 enfants en 4 maternités dont 2 fois les Jumeaux. Le vent de la resocialisation a soufflé sur moi en 2009 où j’ai  choisi Kribi, quartier Talla Mpangou sur conseil de ma famille ».

« Aide aux Lépreux Emmaüs-Suisse, devenue la Fondation FAIRMED a payé un terrain et construit un bâtiment de 4 chambres et un salon, une cuisine et une toilette externes. J’ai rejoint mon nouveau milieu de vie le 6 Novembre 2009 avec ma famille ».

« En 2011, la mère de mes enfants m’a quitté pour un autre homme et je vie seul avec mes enfants ».

Actuellement j’ai des problèmes

« L’abonnement de ENEO (Energie électrique) est au nom de l’entrepreneur où on me demande le certificat de décès de ce dernier pour changer l’abonnement à mon nom ;

« Les voisins jaloux déplacent chaque fois mes bornes ;

« Je vais puiser l’eau à plus de 800 mètres, j’ai besoin d’un point d’eau ;

« Je porte un perforant sur un endroit vicieux avec mon pied déformé en équin varus,

« Toutefois, Je ne peux pas conclure sans remercier FAIRMED à travers le Programme social, le Programme national de lutte contre la lèpre et celui de prévention des invalidités pour les  investissements faits à mon endroit pour me soigner et me donner un abri ».